
La dysfonction érectile (DE) est un trouble sexuel fréquent chez l’homme, caractérisé par une incapacité persistante à obtenir ou maintenir une érection suffisante pour un rapport sexuel satisfaisant.
Ses causes sont multiples : vasculaires, neurologiques, hormonales ou psychologiques (voir le cours du Pr Yiou sur la DE). Parmi les traitements disponibles, les ondes de choc extracorporelles représentent une approche innovante et non invasive, offrant des résultats significatifs, notamment dans les cas de DE d’origine vasculaire (insuffisance d’apport sanguin artériel).
Cet article décrit les mécanismes d’action, les indications, l’efficacité et les avantages de cette thérapie, ainsi que ses limites et les perspectives.
1. Mécanismes d’action des ondes de choc
Les ondes de choc (système Renova utilisé à la clinique Gaston Métivet) sont des impulsions acoustiques d’origine électromagnétique appliquées de manière linéaire sur les tissus érectiles. Dans le traitement de la DE, elles agissent principalement sur trois niveaux :
A. Amélioration de la micro-circulation pénienne
– Stimulation de la néovascularisation : Les ondes de choc produisent un micro-traumatisme des vaisseaux du pénis (phénomène de cavitation) qui stimule la libération de facteurs de croissance (VEGF, eNOS) à l’origine de la formation de nouveaux vaisseaux sanguins (phénomène d’angiogenèse).
– Dilatation des artères péniennes : Elles améliorent la vasodilatation et donc le débit sanguin dans les artères du pénis en augmentant la production de monoxyde d’azote (NO), essentiel à l’érection.
B. Régénération tissulaire
– Les ondes de choc activent les cellules souches locales, favorisant la réparation des tissus endothéliaux et des fibres musculaires lisses du pénis.
C. Réduction de la fibrose
– Chez les patients présentant une fibrose des corps caverneux (suite à un diabète ou une maladie de La Peyronie), les ondes de choc diminuent les dépôts de collagène et améliorent l’élasticité tissulaire.
D. Les ondes de choc ont un effet régénératif sur les nerfs du pénis
E. Effet anti inflammatoire. Ce traitement diminue nettement des douleurs péniennes de la maladie de Lapeyronie à la phase inflammatoire. En réduisant l’inflammation, il pourrait ainsi limiter l’évolution de la courbure du pénis.
2. Indications du traitement par ondes de choc
Cette thérapie est particulièrement recommandée pour :
– La DE vasculaire (liée à une mauvaise circulation sanguine).
– Les patients répondant partiellement aux inhibiteurs de la PDE5 (comme le Viagra ou le Cialis), suggérant une composante vasculaire sous-jacente.
– Les cas légers à modérés de DE, où une approche non médicamenteuse est privilégiée.
– La maladie de La Peyronie (associée à une DE), pour diminuer l’inflammation à la phase précoce de la maladie et ainsi limiter son évolution vers une courbure du pénis.
3. Protocole de traitement et efficacité
A. Déroulement d’une séance
– Le patient est allongé, et un gel conducteur est appliqué sur la zone génitale.
– Un appareil à ondes de choc émet des impulsions ciblées d’origine électromagnétique sur différentes zones du pénis : principalement sur ses faces latérales et sur ses racines (partie fixe du pénis, sous les bourses). Au total, 5000 ondes de choc sont ainsi délivrées sans douleurs (énergie délivrée sous forme linéaires 0,09 mJ/mm2 jusqu’à 40 mm de profondeur.
– Chaque séance dure 15 à 20 minutes et ne nécessite pas d’anesthésie.
B. Nombre de séances
– En général, 6 à 12 séances réparties à raison de 1 à 2 séances par semaine.
– Une amélioration est souvent perceptible après 4 à 6 semaines.
C. Résultats cliniques
Plusieurs études ont montré une efficacité significative :
– une amélioration de la fonction érectile avec un gain pouvant aller jusqu’à 7 points sur l’échelle IIEF (score érectile de référence allant de 0 à 30, la meilleure érection correspondant à un score de 30). Une méta-analyse de 2021 (Journal of Sexual Medicine) conclut que les ondes de choc améliorent significativement les scores IIEF (International Index of Erectile Function) chez 65 % des patients.
– Augmentation du flux sanguin (confirmé par échographie Doppler).
– Une meilleure réponse aux médicaments (iPDE5 comme Viagra ou Cialis).
4. Avantages par rapport aux autres traitements
Principaux atouts des ondes de choc :
– Non invasif (pas d’aiguilles ni de chirurgie).
– Effets durables (contrairement aux médicaments à prise ponctuelle).
– Pas d’effets secondaires rapportés.
5. Limites et traitements combinés avec injection de PRP
A. Limites actuelles
– Coût (non remboursé par la Sécurité Sociale en France).
– Efficacité variable selon la cause de la DE (moins étudiée en cas de DE neurologique ou psychogène).
– Manque de standardisation des protocoles (énergie, fréquence, nombre de séances, définition des zones de tir). Une parfaite connaissance de l’anatomie de la région périnéale de l’homme et du système artériel pénien est nécessaire pour définir les zones de tir optimales. Il est en effet essentiel de pouvoir appliquer précisément la sonde qui délivre les ondes de choc sur les zones de passage des principaux vaisseaux sanguin du pénis. A la clinique Gaston Métivet, le traitement par ondes de choc est réalisé par un chirurgien andrologue (Pr Yiou) qui est habitué à aborder les différentes parties du pénis lors d’interventions chirurgicales.
B. Evolution du traitement : combinaison avec d’autres traitements en particulier les biothérapies comme les injections de PRP (plasma enrichi en plaquettes prélevé chez le patient) ou de cellules souches pour potentialiser la régénération.
Dans notre expérience personnelle, l’injection de PRP et le traitement par ondes de choc sont deux traitements qui se potentialisent l’un et l’autre. En effet, si l’on prend l’image d’un gazon que l’on cherche à entretenir, le traitement par ondes de choc serait l’équivalent d’une scarification ou d’un ratissage énergique (microtraumatismes à visée régénératrice) et l’injection PRP pourrait correspondre à l’ajout d’un engrais (facteurs de croissance du PRP).
Conclusion
Le traitement par ondes de choc représente une avancée majeure dans la prise en charge de la dysfonction érectile, particulièrement pour les cas d’origine vasculaire. Il s’agit du premier traitement à visée régénératrice de la DE. Son mécanisme d’action, à la fois réparateur et stimulateur de la circulation sanguine, en fait une alternative sérieuse aux traitements médicamenteux ou invasifs. La réalisation concomitante d’une injection de PRP pourrait nettement potentialiser ses effets notamment dans le cadre de DE sévères.
Références :
– Vardi et al. (2012), Journal of Sexual Medicine – Étude pionnière sur l’efficacité des OCEC.
– Fojecki et al. (2017), The World Journal of Men’s Health – Méta-analyse sur l’amélioration du flux sanguin.
– Reisman et al. (2019), European Urology – Comparaison OCEC vs placebo.