Le bilan urodynamique: est-ce douloureux? Non!

LE BILAN EXAMEN URODYNAMIQUE EST-IL DOULOUREUX ? NON !

L’examen urodynamique est couramment utilisé pour évaluer les symptômes du bas appareil urinaire et déterminer les mécanismes physiopathologiques sous-jacents.1 Dans les formes complexes d’incontinence urinaire, les informations fournies peuvent influencer le diagnostic clinique et le choix de l’intervention chirurgicale. Bien que certaines études aient remis en question la nécessité d’un examen urodynamique systématique avant le traitement de l’incontinence urinaire,2-4 d’autres ont suggéré l’intérêt d’un examen préopératoire.1 L’Association Française d’Urologie (AFU) recommande toujours l’utilisation de l’examen urodynamique invasive dans ce contexte.5

L’examen urodynamique est considéré comme invasif car il nécessite l’insertion de sondes dans l’urètre et le rectum afin de surveiller la pression urétrale et la réponse du détrusor (muscle de la vessie) au remplissage vésical (pour plus d’information sur l’anatomie, cliquer ici). Outre les sensations douloureuses pouvant être associées au positionnement de la sonde, l’examen urodynamique peut entrainer une gêne liée à l’installation sur une table d’examen urodynamique et à la nécessité d’uriner en présence du personnel médical. Pour ces raisons, cette procédure est généralement considérée comme un examen stressant.

Des études antérieures ont documenté la perception des patients vis-à-vis de l’examen urodynamique.6-11 Cependant, la plupart d’entre eux ont exprimé un ressentiment général envers cet examen. L’examen urodynamique est une procédure en plusieurs étapes et peut être source de douleur ou de gêne à plusieurs étapes de l’examen.

Nous avons précédemment évalué les sensations12 de patient.e.s lors des différentes étapes de l’examen urodynamique, notamment l’étude du débit urinaire, l’installation sur la table d’examen urodynamique, ainsi que la pose et le repositionnement du cathéter. Nous avons également examiné les facteurs de risque de sensations douloureuses, notamment l’âge, le sexe, l’appréhension, les informations concernant le déroulement de la procédure et l’indication de l’examen urodynamique invasive.

L’âge moyen de la population étudiée était de 61,0 ans. Le niveau moyen d’appréhension était de 2,9/10 (0 : aucune appréhension, 10 : appréhension maximale). Les niveaux moyens de douleur lors de l’installation sur la table examen urodynamique, de l’insertion du cathéter transurétral (cystomanométrie) et du repositionnement du cathéter (profilométrie de pression urétrale) étaient respectivement de 0,3 sur 10, 1,9 sur 10 et 1,3 sur 10 (0 : aucune douleur, 10 : douleurs maximale imaginable). Lors de l’insertion du cathéter, 25 % des patients ont signalé un niveau de douleur à 4/10. Le niveau moyen de gêne dû à la miction devant le médecin était de 1,9/10. Les sensations douloureuses rapportées au cours des différentes étapes étaient fortement corrélées entre elles et avec les niveaux d’appréhension et de gêne. L’âge inférieur à 54 ans (quartile inférieur) et le niveau d’appréhension étaient les seuls facteurs associés à la sensation douloureuse.

En conclusion, notre étude confirme que l’examen urodynamique est une procédure très bien tolérée. Certains patients ressentent des niveaux élevés de stress avant l’examen et ceci se manifeste par une douleur et de gêne plus importante tout au long de la procédure. Le jeune âge et l’appréhension étaient les facteurs les plus influents. Cette étude montre l’importance de réaliser l’examen dans un lieu calme et des explications données par le personnel soignant auparavant afin de limiter au maximum l’appréhension.

REFERENCES

REFERENCES

1.           Clarke B. The role of urodynamic assessment in the diagnosis of lower urinary tract disorders. International urogynecology journal and pelvic floor dysfunction 1997; 8: 196-9.

2.           Thompson PK, Duff DS, Thayer PS. Stress incontinence in women under 50: does urodynamics improve surgical outcome? International urogynecology journal and pelvic floor dysfunction 2000; 11: 285-9.

3.           Holtedahl K, Verelst M, Schiefloe A, et al. Usefulness of urodynamic examination in female urinary incontinence–lessons from a population-based, randomized, controlled study of conservative treatment. Scandinavian journal of urology and nephrology 2000; 34: 169-74.

4.           van Leijsen SA, Kluivers KB, Mol BW, et al. Can preoperative urodynamic investigation be omitted in women with stress urinary incontinence? A non-inferiority randomized controlled trial. Neurourology and urodynamics 2012; 31: 1118-23.

5.           Hermieu JF, Cortesse A, Cardot V, et al. [Summary of recommendations for the clinical evaluation of non-neurological female urinary incontinence]. Progres en urologie : journal de l’Association francaise d’urologie et de la Societe francaise d’urologie 2007; 17: 1239-41.

6.           Ellerkmann RM, McBride AW, Dunn JS, et al. A comparison of anticipatory and postprocedure pain perception in patients who undergo urodynamic procedures. American journal of obstetrics and gynecology 2004; 190: 1034-8.

7.           Greenstein A, Bar-Yosef Y, Chen J, et al. Does information provided to men before a urodynamic study affect their expectation of pain? BJU international 2005; 96: 1307-9.

8.           Ku JH, Kim SW, Kim HH, Paick JS, Son H, Oh SJ. Patient experience with a urodynamic study: a prospective study in 208 patients. The Journal of urology 2004; 171: 2307-10.

9.           Gorton E, Stanton S. Women’s attitudes to urodynamics: a questionnaire survey. British journal of obstetrics and gynaecology 1999; 106: 851-6.

10.         Kortmann BB, Sonke GS, D’Ancona F C, et al. The tolerability of urodynamic studies and flexible cysto-urethroscopy used in the assessment of men with lower urinary tract symptoms. BJU international 1999; 84: 449-53.

11.         Yokoyama T, Nozaki K, Nose H, et al. Tolerability and morbidity of urodynamic testing: a questionnaire-based study. Urology 2005; 66: 74-6.

12. Yiou R, Audureau E, Loche CM, Dussaud M, Lingombet O, Binhas M. Neurourol Urodyn. Comprehensive evaluation of embarrassment and pain associated with invasive urodynamics. Neurourology and urodynamics 2015 34(2):156-60.